Salaire 1 200 € net au chômage : 959 € ou 978 € en 2026 ?

Avec 1 200 € net, l'allocation chômage 2026 se situe entre 959 € et 978 € par mois, au niveau du plancher de l'ARE. Calcul détaillé, tableau et cumul avec un temps partiel.

Temps de lecture : 18 min

Points clés à retenir

  • Entre 959 € et 978 € net par mois : avec un salaire de 1 200 € net, l’allocation chômage 2026 se situe au niveau du plancher versé par France Travail.
  • Deux formules, une seule retenue : 57 % du salaire journalier de référence, ou 40,4 % de ce même salaire plus une part fixe d’environ 13 €. France Travail garde la plus favorable.
  • La durée ne dépend pas du salaire : c’est le nombre de jours travaillés qui fixe la durée des droits, pas le montant perdu.
  • Le cumul avec un temps partiel peut rapporter davantage que l’allocation seule, à condition de déclarer chaque mois son activité.

Sommaire

1 200 € net, c’est environ 1 520 € brut. Une fois au chômage, le montant versé tombe à 959 € ou 978 € net selon la source. Un écart de près de 20 % qui ne doit rien au hasard : il s’explique par un mécanisme peu connu, le plancher de l’allocation.

Si vous avez tapé « salaire 1 200 net combien au chômage » dans votre moteur de recherche, vous êtes tombé sur des chiffres qui se contredisent. C’est normal. Les simulateurs ne racontent pas tous la même histoire, et l’allocation chômage 2026 obéit à des règles que peu de sites détaillent vraiment.

Concrètement, ça donne quoi ? Je vous donne d’abord le montant, puis je démonte le calcul étape par étape, avec un cas pratique entièrement chiffré et les règles appliquées par France Travail. Pas de jargon, on reste au niveau du terrain. Et vous verrez que la bonne question à se poser n’est pas seulement « combien », mais aussi « pendant combien de temps ».

Combien touche-t-on au chômage avec un salaire de 1 200 € net ?

Avec un salaire de 1 200 € net, soit environ 1 520 € brut, l’allocation chômage nette est estimée entre 959 € et 978 € par mois en 2026. À ce niveau de revenus, l’allocation se situe au plancher versé par France Travail : la formule des 57 % du salaire journalier de référence ne permet pas de descendre plus bas.

La réponse courte : 960 à 980 € net par mois

Posons le décor tout de suite. Pour un salaire net mensuel de référence de 1 200 €, la source Hellowork retient une allocation journalière brute de 33,14 €, une allocation journalière nette de 31,97 €, une allocation mensuelle brute de 994,19 € et une allocation mensuelle nette de 959,10 € (Hellowork, 2026).

De son côté, Mes-Allocs aboutit à une estimation de 978 € net par mois pour le même salaire de référence (Mes-Allocs, 2026). Le même profil, deux résultats, dix-neuf euros d’écart.

Est-ce que vous allez perdre beaucoup de revenus en passant au chômage ? Oui, mécaniquement. Mais beaucoup moins que ce que la plupart des gens imaginent, parce que le système protège justement les petits salaires. Le taux de remplacement grimpe à environ 79 % à ce niveau de rémunération, contre 72 % en moyenne tous salaires confondus (Cadremploi, 2020).

SourceSalaire net de référenceAllocation journalière brute estiméeAllocation mensuelle bruteAllocation mensuelle netteÉcart constaté
Hellowork (2026)1 200 €33,14 €994,19 €959,10 €Référence
Mes-Allocs (2026)1 200 €33,78 €1 013,40 €978,00 €+ 18,90 €

Pourquoi deux chiffres circulent : 959 € contre 978 €

La bonne question à se poser, c’est : d’où vient l’écart ? Pas d’une erreur de simulateur, ni d’un bug. Trois choix méthodologiques expliquent la différence.

  • Le salaire brut de départ. Selon le taux de charges retenu (20,5 %, 21 % ou 22 %), la reconstitution du brut varie de 20 à 30 € par mois, ce qui remonte ou descend le salaire journalier de référence.
  • Le traitement de la CSG et de la CRDS. Certains calculateurs appliquent le prélèvement au taux réduit après abattement d’assiette, d’autres appliquent un taux moyen lissé. Sur 994 € brut, l’écart de prélèvement représente à lui seul une quinzaine d’euros.
  • Le nombre de jours du mois. Une allocation journalière multipliée par 30 jours forfaitaires ne donne pas le même résultat qu’une multiplication par 30,4 jours (le mois moyen).

Ajoutez les arrondis en cascade — le salaire journalier de référence est arrondi, puis l’allocation journalière, puis le montant mensuel — et vous obtenez mécaniquement un delta de 15 à 20 €. Spoiler : c’est plus simple qu’il n’y paraît, et le chiffre qui compte vraiment reste celui que France Travail vous notifiera, pas celui du simulateur.

Ce que recouvre exactement « allocation nette »

Le terme prête à confusion. L’allocation nette correspond à l’allocation brute diminuée de la CSG et de la CRDS. Ce n’est pas pour autant le montant qui arrivera sur votre compte en banque : le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu s’applique ensuite, selon le taux que vous avez déclaré. Deux personnes avec la même allocation peuvent donc toucher des sommes différentes.

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Reste une question plus fondamentale : pourquoi une allocation aussi proche du minimum ? C’est là que le plancher entre en scène.

Calcul du chômage pour un salaire de 1200 net sur un bureau

Pourquoi votre allocation frôle le plancher de l’ARE

Voilà le point que presque aucun site concurrent n’explicite. À 1 200 € net, vous n’êtes pas réellement indemnisé « au pourcentage ». Vous êtes indemnisé au montant minimal garanti par l’assurance chômage. Et c’est ce mécanisme qui explique tout le résultat.

Le montant minimal de l’allocation journalière en 2026

L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ne peut pas descendre sous un seuil : le plancher de l’allocation journalière. En 2026, il s’établit autour de 33,14 € brut par jour, soit environ 31,97 € net après CSG et CRDS. Sur un mois de 30 jours, cela représente 994,19 € brut et 959,10 € net.

Est-ce que vous pouvez toucher moins que l’allocation minimale ? En principe non, dès lors que vous remplissez les conditions de durée de travail. Le plancher joue le rôle d’un filet : même si le calcul par pourcentage donne un résultat inférieur, France Travail verse le minimum.

Et c’est exactement ce qui se passe à 1 200 € net. Le calcul par formule aboutit à 33,13 €, le plancher est à 33,14 €. Les deux se rejoignent au centime près. 1 200 € net, c’est le point de bascule du barème : en dessous, le plancher prend le relais ; au-dessus, la formule reprend la main et l’allocation progresse enfin.

Un taux de remplacement élevé, mais un reste à vivre fragile

Pourquoi votre allocation ne baisse pas davantage malgré un petit salaire ? Parce que le système est progressif. Selon Cadremploi, l’allocation nette représente en moyenne 72 % de l’ancien salaire, mais environ 79 % pour les petits salaires de type 1 150 € net (Cadremploi, 2020).

Sauf que 79 % de 1 200 €, ça fait 959 €. Et 959 €, ça ne couvre pas un loyer, une assurance, un abonnement transport et des courses. Le taux de remplacement est flatteur sur le papier ; le reste à vivre, lui, est minuscule. C’est toute la limite de l’indicateur.

À retenir avant de vous réjouir

Le plancher protège le montant versé, il ne garantit absolument pas que ce montant suffise à couvrir vos charges fixes. Si votre budget était calibré sur 1 200 € net, passer à 960 € représente une perte de 240 € par mois, soit près de 2 900 € sur un an. À anticiper avant la fin du contrat, pas après.

Ce que j’ai vu sur le terrain, quand j’accompagnais des équipes RH dans des fins de contrat, c’est que presque personne n’anticipe cet écart. On regarde le montant brut annoncé, on se dit que « ça ira », et la première facture de loyer arrive.

Léa, employée à temps plein à 1 200 € net dans une structure de formation, a découvert son allocation en même temps que sa collègue payée 1 400 € net. Même montant. Les deux étaient au plancher. Sa collègue a mis trois semaines à comprendre pourquoi : le plancher ne regarde pas votre salaire, il regarde si le calcul passe au-dessus de lui.

Maintenant, entrons dans le calcul lui-même. C’est là que tout se joue, et c’est moins obscur qu’on ne le croit.

Le calcul pas à pas : de 1 200 € net à l’allocation journalière

Quatre étapes, dans cet ordre. La plupart des sites sautent la première, et c’est précisément là que les lecteurs décrochent : ils ne connaissent pas leur brut. Commençons par là.

Étape 1 : convertir 1 200 € net en salaire brut de référence

Un salaire net de 1 200 € correspond approximativement à 1 520 € bruts mensuels selon les taux de charges sociales standards, soit environ 21 % de cotisations salariales (Maison Initiative, 2026). Retenez ce chiffre : c’est lui qui servira de base à tout le reste.

Pourquoi France Travail part-il du brut ? Parce que l’assurance chômage est un système contributif : vous cotisez sur votre brut, vous êtes indemnisé sur votre brut. Utiliser votre net reviendrait à compter deux fois les prélèvements sociaux.

À noter : 21 % est une moyenne. Un salarié non cadre avec peu de cotisations complémentaires sera plutôt à 20,5 % ; un cadre avec mutuelle et prévoyance coûteuses dépassera 23 %. D’où les écarts entre simulateurs évoqués plus haut.

Étape 2 : calculer le salaire journalier de référence

Le salaire journalier de référence (SJR) est le pivot du calcul. Il s’obtient en divisant le total des rémunérations brutes prises en compte sur la période de référence par le nombre de jours calendaires de cette période.

Prenons notre cas : 24 mois continus à 1 520 € brut, soit 36 480 € de salaire de référence. Sur une période de référence de 730 jours, cela donne un SJR de 49,84 €. Certains calculateurs ramènent cela à un mois moyen de 30,4 ou 30,5 jours ; le résultat oscille entre 49,80 € et 50,00 €. C’est ici que naissent les fameux arrondis.

Deuxième point à connaître : la période de référence n’est pas toujours de 24 mois pleins. Si vous avez travaillé 6 mois sur les 24 derniers, le calcul intègre les périodes d’inactivité, et le SJR baisse mécaniquement. C’est un facteur que beaucoup de simulations ratent.

Étape 3 : appliquer les deux formules et retenir la plus élevée

Le pourcentage du salaire journalier de référence pris en compte est de 57 %, ou de 40,4 % du salaire journalier de référence plus 13 € (Mes-Allocs, 2026). France Travail calcule les deux et retient la plus favorable.

  • Formule A : 57 % × 49,84 € = 28,41 €
  • Formule B : (40,4 % × 49,84 €) + 13 € = 20,13 € + 13 € = 33,13 €

La formule B l’emporte largement. C’est logique : la part fixe de 13 € joue le rôle de rattrapage pour les rémunérations modestes. Plus votre salaire est bas, plus cette part fixe pèse lourd dans le résultat final.

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Quelle formule est la plus avantageuse pour vous ? Celle qui comporte la part fixe, tant que votre SJR reste sous 78,30 € environ. Au-delà, la formule à 57 % reprend l’avantage — on y revient dans le tableau comparatif un peu plus bas.

Étape 4 : retenues CSG et CRDS et plafond de 75 %

Dernière étape : passer du brut au net. La CSG et la CRDS sont prélevées sur l’allocation journalière, avec un abattement d’assiette spécifique. En pratique, comptez environ 3,5 % de retenue.

33,13 € bruts × 0,965 = 31,97 € net par jour. Sur 30 jours, cela donne 959,10 € net mensuels. Vous retrouvez exactement le chiffre annoncé en début d’article.

Dernier garde-fou : l’allocation ne peut pas dépasser 75 % du salaire journalier de référence. Ici, 75 % × 49,84 € = 37,38 €. Nous sommes à 33,13 €, le plafond ne joue donc pas. Il ne concerne que les salaires élevés ou les SJR reconstitués à partir de primes importantes.

ÉtapeDonnée utiliséeMontant calculéExplication
11 200 € net1 520 € brutEnviron 21 % de charges salariales
236 480 € brut ÷ 730 joursSJR = 49,84 €Salaire journalier de référence
357 % du SJR28,41 €Formule non retenue ici
3 bis40,4 % du SJR + 13 €33,13 €Formule la plus favorable
4CSG et CRDS ≈ 3,5 %31,97 € net/jourSoit 959,10 € sur 30 jours

Le réflexe à avoir

Conservez vos bulletins de salaire sur 24 mois et vérifiez que les primes récurrentes ont bien été intégrées au salaire de référence. Une prime trimestrielle de 300 € oubliée, c’est environ 1,5 € de SJR en moins, soit près d’un euro d’allocation journalière — 30 € par mois pendant toute la durée des droits.

Vous savez maintenant reconstituer votre allocation à la main. Reste à voir où se situe votre situation dans l’échelle des salaires : c’est l’objet du tableau suivant.

Simulation de l'allocation chômage 2026 avec un salaire de 1200 net

Tableau : allocation chômage selon votre ancien salaire net, de 1 000 € à 2 500 €

Ce tableau à double entrée répond à une question simple : combien touche quelqu’un qui gagnait 1 300, 1 400 ou 2 000 euros net ? Les montants sont des estimations calculées avec un taux de charges de 21 % et une retenue CSG/CRDS de 3,5 %.

Salaire net mensuel de référenceSalaire brut estiméAllocation journalière bruteAllocation mensuelle bruteAllocation mensuelle netteNiveau atteint
1 000 €1 266 €33,14 €994 €959 €Plancher
1 100 €1 392 €33,14 €994 €959 €Plancher
1 200 €1 520 €33,14 €994 €959 €Plancher (limite exacte)
1 300 €1 646 €34,80 €1 044 €1 007 €Sortie du plancher
1 400 €1 772 €36,47 €1 094 €1 053 €Formule 40,4 % + 13 €
1 500 €1 899 €38,15 €1 145 €1 105 €Formule 40,4 % + 13 €
1 750 €2 215 €42,34 €1 270 €1 226 €Formule 40,4 % + 13 €
2 000 €2 532 €47,32 €1 420 €1 370 €Formule 57 %
2 500 €3 165 €59,15 €1 775 €1 712 €Formule 57 %

Lire le tableau : le seuil de sortie du plancher

Le point intéressant saute aux yeux entre 1 200 € et 1 300 € net. Jusqu’à 1 200 €, l’allocation stagne à 959 € net : c’est le plancher qui décide. À partir de 1 300 €, elle bondit de près de 50 €, puis progresse régulièrement d’environ 45 € par palier de 100 € de salaire.

Autrement dit, une augmentation de 100 € net avant le chômage ne change rien à votre allocation tant que vous restez sous le plancher. C’est contre-intuitif, mais c’est arithmétique.

Deuxième bascule visible : vers 1 880 € net, la formule à 57 % devient plus favorable que celle avec part fixe. Le tableau le montre dès 2 000 €. Au-delà, la part fixe de 13 € devient négligeable et c’est le pourcentage pur qui pilote.

À partir de quel salaire votre allocation dépasse-t-elle le minimum ? Réponse nette : dès 1 250 à 1 300 € net. En dessous, vous êtes dans la zone du plancher, et le calcul par formule ne sert quasiment à rien.

Ces montants disent quoi toucher. Ils ne disent pas pendant combien de temps. Et sur ce terrain, les règles sont totalement différentes.

Conditions et durée : ce que 6 mois de travail vous ouvrent réellement

Le montant et la durée sont deux calculs totalement indépendants. C’est une erreur de lecture très fréquente : on croit qu’un petit salaire donne droit à moins longtemps. Faux.

Les seuils de cotisation à connaître

Pour percevoir l’ARE, il faut généralement avoir travaillé au moins 6 mois, soit 130 jours travaillés ou 910 heures, sur les 24 derniers mois — ou 36 mois pour les 55 ans et plus. Le seuil peut être abaissé à 108 jours ou 758 heures dans certains cas spécifiques (Mes-Allocs, 2026).

Combien de temps pouvez-vous toucher le chômage avec 6 mois de travail ? Un contrat de 6 mois vous place pile sur le seuil : environ 130 jours travaillés. C’est suffisant pour ouvrir un droit, mais sans marge. Un contrat de 5 mois et demi, en revanche, peut vous laisser dehors.

Attention aussi aux heures : un temps partiel à 20 heures par semaine sur 6 mois représente environ 520 heures, très en dessous des 910 exigées. Il faut alors cumuler plusieurs contrats sur la période de référence.

Le calcul de la durée et le délai de carence

La durée d’indemnisation se calcule sur le nombre de jours calendaires couverts par vos emplois, dans la limite de 730 jours. Un contrat de 6 mois ouvre donc environ 182 jours indemnisables, soit six mois de versement.

Deux mécanismes viennent ensuite rogner ce total. D’abord le délai de carence de 7 jours, qui décale le début du versement. Ensuite le report lié aux congés payés non pris : chaque jour de congé resté dans le solde employeur repousse d’autant l’ouverture des droits, dans la limite de 30 jours.

Est-ce que vous perdez des jours à cause des congés payés non posés ? Oui, en pratique. Un solde de 15 jours de CP non pris, c’est 15 jours de décalage avant le premier versement. Ce n’est pas perdu sur la durée totale, mais le trou de trésorerie au démarrage est réel.

Les pièces à réunir avant de simuler

  • Tous les bulletins de salaire des 24 derniers mois
  • L’attestation employeur destinée à France Travail, remise à la fin du contrat
  • Chaque contrat de travail, avec date de début et date de fin
  • Le solde de tout compte, notamment l’indemnité compensatrice de congés payés
  • Le nombre de jours de congés payés non posés au moment du départ
  • Les justificatifs des périodes d’arrêt maladie ou de suspension du contrat

Vous avez le montant et la durée. Reste une question que beaucoup se posent trop tard : et si je reprenais un peu avant la fin des droits ?

Cumul ARE et reprise d’emploi : l’option souvent plus rentable qu’une allocation seule

Est-ce que vous pouvez travailler un peu et garder votre chômage ? Oui. Et dans de nombreux cas, c’est mathématiquement plus intéressant que de rester indemnisé sans rien faire. À condition de comprendre le mécanisme.

Le mécanisme du cumul mensuel

Le principe est simple : France Travail déduit 70 % du salaire brut que vous avez perçu dans le mois de votre allocation mensuelle brute. Ce qui reste vous est versé, en plus de votre salaire.

Conséquence directe, et c’est le point que retiennent les gens qui ont testé : plus la reprise est courte, plus le cumul est généreux. Une reprise à mi-temps à 1 200 € net efface la totalité de l’allocation. Une reprise de quelques centaines d’euros laisse passer une partie substantielle de l’ARE.

Qu’est-ce qui est le plus intéressant : rester au chômage ou reprendre à mi-temps ? Ça dépend du volume horaire. Voici trois scénarios chiffrés sur notre profil type.

Trois scénarios de revenus comparés

ScénarioRevenu d’activitéAllocation estiméeTotal net mensuelConditions à respecter
Allocation seule0 €959 €959 €Actualisation mensuelle, recherche d’emploi active
Temps partiel à 500 € net (633 € brut)500 €532 €1 032 €Déclarer le salaire brut chaque mois
Activité partielle (environ 84 % du net)1 008 €0 €1 008 €Accord de l’employeur, dispositif distinct de l’ARE

Lecture rapide. Le cumul avec un temps partiel de 500 € net rapporte 73 € de plus par mois que l’allocation seule. Ce n’est pas spectaculaire, mais sur six mois, cela représente près de 440 € — de quoi absorber une hausse de loyer ou un imprévu.

Le chômage partiel, lui, permet de percevoir environ 84 % du salaire net mensuel, soit 1 092 € pour un salaire de 1 300 € net (StudentJob, 2025). C’est le dispositif le plus protecteur, mais il suppose l’accord de l’employeur et un cadre collectif : vous ne le déclenchez pas seul.

Déclarez chaque heure, vraiment

Toute heure travaillée doit être déclarée lors de l’actualisation mensuelle, y compris une mission d’une journée ou un remplacement improvisé. Un oubli entraîne un trop-perçu que France Travail récupérera plus tard, parfois plusieurs mois après, avec des conséquences lourdes sur un budget déjà serré.

Reste un dernier sujet : celui des simulations ratées. Pourquoi tant de demandeurs découvrent un montant différent de celui qu’ils avaient calculé ?

Vérifier son estimation : les 5 erreurs qui faussent la simulation France Travail

Un simulateur France Travail mal alimenté donne un chiffre faux. Pas catastrophiquement faux, mais suffisamment pour déséquilibrer un budget. Voici les cinq pièges que je vois le plus souvent, avec leur impact chiffré sur une allocation de base 960 €.

Les 5 erreurs fréquentes

  • Partir du net au lieu du brut. Le SJR est divisé par 1,27 environ. Résultat : une allocation sous-estimée de 150 à 200 € par mois, et une fausse bonne surprise à la notification.
  • Oublier les primes et heures supplémentaires. Une prime trimestrielle de 300 € non comptée fait perdre environ 1,5 € de SJR, soit 30 € par mois sur toute la durée des droits.
  • Ignorer les périodes de suspension du contrat. Arrêt maladie, congé sans solde, congé parental : ces périodes changent le nombre de jours de la période de référence et donc le SJR.
  • Confondre allocation journalière et montant mensuel. On lit 33 €, on se dit que c’est trop peu. En réalité, c’est 33 € × 30 jours, soit près de 1 000 €.
  • Négliger le délai de carence et les congés payés. Le premier versement arrive plus tard que prévu, et le budget du premier mois explose.

Comment recalculer soi-même son allocation journalière

La méthode manuelle tient en quatre lignes. Additionnez vos salaires bruts sur les 24 derniers mois, divisez par 730, multipliez le résultat par 40,4 % et ajoutez 13 €. Faites le même calcul avec 57 %, comparez, gardez le plus élevé. Retirez enfin environ 3,5 % de CSG et CRDS.

Ce calcul vous donnera une estimation à 10 ou 15 € près. Suffisant pour bâtir un budget réaliste, pas suffisant pour contester une notification. Pour cela, il faudra passer par la notification officielle et, si l’écart est important, demander le détail du calcul à votre conseiller.

Un demandeur que j’ai accompagné avait simulé 978 € et reçu 962 €. Seize euros d’écart, apparemment anodins. En réalité, il avait omis une prime trimestrielle dans son salaire de référence, ce qui avait fait baisser son SJR de 1,2 €. Sur huit mois de droits, cela représentait 128 € perdus — de quoi payer une facture d’électricité.

Le bon réflexe

Faites la simulation officielle, puis refaites-la à la main avec vos bulletins. Si les deux résultats divergent de plus de 20 € par mois, demandez le détail du calcul avant de signer quoi que ce soit.

Questions fréquentes

Avec 1 200 € net, touche-t-on le montant minimum du chômage ?

Oui dans la majorité des cas : l’allocation calculée se situe au niveau du plancher versé par France Travail. Le montant net mensuel avoisine 959 € à 978 € pour un mois complet de 30 jours.

L’allocation chômage est-elle imposable ?

L’allocation est soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements CSG et CRDS, avec un abattement spécifique. Le prélèvement à la source s’applique selon votre taux déclaré, ce qui explique l’écart entre le brut annoncé et le net perçu.

Combien de temps dure l’indemnisation après un contrat de 6 mois ?

La durée dépend du nombre de jours travaillés pendant la période de référence, pas du salaire. Un contrat de 6 mois ouvre une durée proportionnelle, d’environ 182 jours, réduite par le délai de carence et les congés payés non pris.

Peut-on cumuler l’allocation avec un temps partiel payé 1 200 € net ?

Le cumul est techniquement possible mais rarement avantageux à ce niveau : 70 % du salaire brut dépassent l’allocation mensuelle, qui tombe alors à zéro. Une reprise plus courte, autour de 500 € net, permet en revanche de conserver une partie de l’ARE.

Le montant du plancher est-il revalorisé chaque année ?

Oui, les paramètres de l’allocation sont revalorisés chaque année, traditionnellement au 1er juillet. Le montant doit donc être vérifié à la date de votre ouverture de droits plutôt que sur des chiffres anciens.

Faut-il déclarer ses primes pour le calcul de l’allocation ?

Certaines primes entrent dans le salaire de référence et augmentent l’allocation, d’autres en sont exclues, notamment les indemnités de rupture. Il faut se référer à la liste des rémunérations prises en compte par France Travail.

Que se passe-t-il si je retrouve un emploi avant la fin de mes droits ?

Les droits restants sont conservés et peuvent être réactivés lors d’une nouvelle perte d’emploi, selon les règles de rechargement. La reprise d’activité peut aussi permettre de reconstituer un nouveau droit, parfois plus favorable.

Ce qu’il faut retenir avant de lancer votre simulation

Quatre idées à garder en tête, et vous aurez fait le tour du sujet.

  • Le montant du chômage pour un salaire de 1 200 € net se situe entre 959 € et 978 € par mois, au niveau du plancher versé par France Travail.
  • L’écart entre les deux chiffres vient de la méthode de calcul, des arrondis et des retenues CSG et CRDS — pas d’une erreur des simulateurs.
  • La durée des droits dépend des jours travaillés, pas du montant du salaire : un petit salaire ne réduit pas la durée d’indemnisation.
  • Le cumul avec un temps partiel ou une reprise progressive peut rapporter davantage que l’allocation seule, à condition de déclarer chaque mois son activité.

Concrètement, ça donne quoi pour vous ? Lancez la simulation officielle maintenant, avant de signer une rupture conventionnelle ou d’accepter une fin de contrat. Vous aurez ainsi le temps d’ajuster votre budget, de négocier éventuellement un départ un peu plus tardif, ou de prévoir une reprise partielle.

Et posez-vous la seule question qui compte vraiment : votre budget actuel survivrait-il à 960 € par mois pendant plusieurs mois ? Si la réponse est non, vous savez maintenant quels leviers activer — et lesquels ne changeront rien.

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